Les campings en Suisse

Nous sommes loin d’être des experts du camping en Suisse, mais après nos premières 8 nuits dans quatre campings différents dans les Grisons et le Tessin, nous pouvons déjà constater que le mot camping ne veut pas tout-à-fait dire la même chose en Europe et au Canada…

Les campings de Suisse sont certainement le moyen le moins cher de voir du pays. Ils sont tous accessibles par train, bus ou autre moyen de transport ce qui fait que camper sans voiture est tout à fait possible. Toutefois, nous avons constaté que presque personne ne le fait. J’imagine que c’est parce qu’il faut posséder du matériel de camping compact et avoir un peu l’habitude. (Heureusement, nos années de canot-camping en famille nous ont très bien préparés à cela.) Peut-être aussi parce que tout est aménagé pour les autos et les campings-cars. Nous avons toutefois vu plusieurs groupes en cyclo-tourisme (de route ou de montagne) équipés de manière très compacte. Le vélo-camping semble plus populaire que le train-camping.

En général, les campings suisses sont bon marché… pour la Suisse, mais tout de même un peu chers pour ce que c’est. On parle ici de 30-60 CHF (40-80$) la nuit pour un espace de tente pour 2 à 4 personnes. On paye aussi par personne et non par site. Toutefois, on se console en se disant que c’est environ la moitié du coût d’une auberge de jeunesse. Pour le camping, il est facile de voyager léger car il y a tout ce qu’il faut pour être opérationnel avec un minimum d’équipement. Il y a typiquement un espace cuisine mis à la disposition des campeurs, des installations sanitaires plus propres que les nôtres à la maison (c’est gênant…) et, comme partout en Suisse, de magnifiques parcs avec modules en bois pour que les enfants puissent dépenser leur énergie. Il y a aussi de beaux espaces verts pour faire de la randonnée, avec un accès direct aux sentiers et aux lacs environnants.

Autre vue du Camping de St-Moritz

La seule chose qui manque par rapport aux campings canadiens, c’est la forêt et, surtout, l’intimité qu’elle procure. Je ne suis pas agoraphobe, mais quand je suis en camping, ma bulle personnelle gonfle jusqu’à au moins une dizaine de mètres de rayon. Au réservoir Gouin, où je fais souvent du canot de rivière et où nous avons un camp familial, elle atteint plus d’un kilomètre de rayon, soit la demi-distance entre notre camp et celui de notre plus proche voisin … Dans cette bulle, je ne veux personne d’autre que mes proches. Je veux me sentir seul avec la nature, sentir son influence sur moi, et surtout, ne PAS être en contrôle de mon environnement, mais plutôt en faire partie. C’est mon plaisir principal en camping. Ici, on est vraiment tassés les uns sur les autres, au point, parfois, d’attacher sa tente avec les piquets du voisin, ce que nous avons fait au Camping de Buochs, près de Lucerne. Au camping Boomerang, à Poschiavo, un groupe arrivé dans le camping vers 23h a bu et fêté jusqu’à 3h du matin d’abord dans le trampoline du terrain, puis dans leur tente roulotte, à 5 m de notre tente. Le lendemain, on a appris qu’ils avaient été expulsés et bannis du camping. Dommage pour eux, mais ils avaient quand même couru un peu après.

À Lugano, au camping « Lake Lugano », nous étions sur le bord du lac (chouette n’est-ce pas!), mais aussi au bout de la piste d’atterrissage de l’aéroport de la ville. Nous voyions des avions, à 30 m au-dessus de nous, pas plus, décoller et atterrir en trombe. Heureusement, ils faisaient relâche durant la nuit. Si ce n’était que ça, mais le camping était aussi à côté de l’équivalent local de La Ronde et on entendait les manèges hurler leurs sons électromécaniques-discos jusqu’à près de minuit. C’était… pittoresque!

En général, les campings sont aménagés dans des plaines, sur de la pelouse tondue. Rien du tout qui rappelle le camping sauvage. Ensuite, pas question la plupart du temps de faire des feux, ce qui constitue un de mes petits plaisirs lors d’une nuit en camping. Je sais que les montagnards suisses aguerris peuvent camper dans la nature sauvage, mais cela n’est pas une option pour qui voyage en famille par train comme nous. Je vois donc les campings comme un endroit où dormir pas cher et aussi pour faire de belles rencontres, mais certainement pas pour profiter de la nature. Celle-ci préfère rester à l’extérieur des campings, on dirait… Rien n’est parfait!

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