Vacances d'hiver à St-Moritz et à Andermatt

Las trais fluors, une des belles pistes de Corviglia

Le calendrier scolaire du canton de Zürich fait en sorte que nous avons 2 semaines de vacances de sports d’hiver (Sportferien) en février et 2 autres semaines au printemps (Frühlingsferien). Les vacances d’été sont donc uniquement de 4 semaines.

Ce calendrier nous permet de découvrir la Suisse en toutes saisons. Pour ce Sportferien, nous avons eu la chance d’être accompagnés par Alain et Lucie, l’oncle et la tante de Thomas. Voici un aperçu de l’immense plaisir que nous avons eu de les recevoir en Suisse.

Pour ces vacances en famille, les mots d’ordre étaient clairs: ski, ski, ski! L’itinéraire que nous avions préparé à nos hôtes n’allait pas les décevoir: 1 semaine dans l’Engadine (St-Moritz et Pontresina) et 3 jours à Disentis (Andermatt). Les deux destinations se trouvent dans les Grisons, la région la plus sauvage et, à notre avis, une des plus pittoresques de Suisse.

Notre voyage commence par un trajet en train dans le Bernina Express, l’un des voyages en train mythiques d’Europe à cause de ses paysages et des prouesses d’ingénieries requises pour faire traverser au train le massif montagneux.

Les filles dans le Bernina Express

À Pontresina, notre appartement est situé près d’une écurie, au grand plaisir de Flavie. Nous sommes à 10 minutes à pied de la gare où l’autobus nous mènera tous les jours aux centres de ski de St-Moritz: Corviglia, Corvascht et Diavolezza. La piste de ski de fond, quant à elle, passe juste devant notre appartement. C’est la Val Roseg, une des plus belles pistes de ski de fond que nous ayons parcourues de notre vie.

Un café à Pontresina

La première journée de ski d’Alain dans les Alpes est parfaite!

Station Corviglia à St-Moritz
Alain devant la mer de montagnes
Prêts pour la descente?
Belvédère au Piz Nair à 3057 m. d’alt. à Corviglia

Les autres journées le sont tout autant!

Et oui, Sophie ne fait pas que prendre des photos …
Elle danse aussi sur les tables!
Mer de montagnes à Corviglia
Alain et les montagnes de Corviglia

Les journées suivantes, nous alternons entre les stations autour de St-Moritz: Corvatsch, Diavolezza et Lagalb. Thomas a eu un coup de coeur pour Diavolezza et Corvatsch avec un point culminant à 3303 m. d’alt. Thomas et Gaël ont skié sur le glacier Morteratsch sur une distance de 10 km, la plus longue descente de glacier de Suisse.

Gondole à Corvatsch
Pique-nique à Corvatsch
Glacier Morteratsch
Flavie à Corvatsch sur une piste bleue à 2786 m d’alt.
Nous skions au-dessus des nuages à Corvatsch

Après une merveilleuse semaine à St-Moritz, nous reprenons le train vers Andermatt-Disentis.

Arrivés à Disentis, une belle surprise nous attend: nous nous retrouvons en pleine parade du Fasnacht, le carnaval des Suisses alémaniques. La parade est principalement composée de Guggenmusik: un groupe de personnes portant des masques alors qu’ils jouent ensemble. En Suisse, le terme « Gugge » signifie tous les types d’instruments de soufflage en laiton. (https://educalingo.com/fr/dic-de/guggenmusik) Il peut y avoir jusqu’à une dizaine de groupes de Guggenmusik par parade et ils peuvent être séparés par des groupes d’écoliers déguisés pour l’occasion.

Guggenmusik à Disentis
Guggenmusik
Guggenmusik
Char allégorique dans le défilé

Le lendemain, Gaël me demande une journée de repos et j’en profite pour aller faire de la luge avec les enfants. Ces descentes en haute montagne, sur des luges autrichiennes, peuvent s’étendre sur une distance de 8 km. Un classique suisse!

Un moment de pause lors de la descente

De l’autre côté de la vallée d’Andermatt, Lucie, Alain et Thomas ont choisi de faire du ski de fond toute la journée.

Ski de fond à Realp

La journée suivante, Lucie, Flavie et moi décidons de faire une randonnée pédestre à Andermatt pour permettre à Lucie de vivre sa première expérience de voyage en gondole. Elle a adoré!!!

Terrasse à Gütsch, 2367 m. alt.
Notre sentier en altitude
Vue d’Andermatt dans la vallée
Bâtiment à Andermatt

Pendant ce temps, les gars font une journée marathon: parcours en train de Disentis à Andermatt, ils prennent une gondole jusqu’au Gemsstock à 2961 m. alt, après ils redescendent en ski et remontent en gondole ainsi de suite jusqu’à leur point de départ, Disentis. Bravo, Alain, tu as suivi Thomas dans ses idées folles! Chapeau! Ce parcours permettait de revenir à la maison à pied alors que nous avions fait 1h de train pour arriver à Andermatt! C’est incroyable de skier toute une journée sans jamais reprendre le même télésiège.

Pique-nique dans le télé-siège d’Andermatt

Nous n’aurions pu espérer de plus belles vacances de ski, vive les Alpes et vive la famille!

Sophie

Zermatt

Nous revenons d’une longue fin de semaine de ski alpin à Zermatt et nous sommes sans mots.

Le village sans voiture de Zermatt (altitude: 1 620 m)
Notre hôtel et sa voiturette électrique
Ski in / Ski out directement de notre hôtel
Il n’en fallait pas plus pour que Tom se lance.
Avec plus de 360 km de pistes autant en Suisse qu’en Italie, pas simple de faire son choix!
Puis, 15 autres minutes pour se rendre au fameux glacier Matterhorn (altitude: 3 883m) ou le Matterhorn Glacier Paradise.
La famille au point le plus élevé de Zermatt
La vue du point le plus élevé du centre. Le skieur au bas de la pente est Gaël. Il skie maintenant avec son papa.
Paysage lunaire au point le plus haut du centre de ski
Que dire de plus?
Flavie lors de sa descente avec sa maman. Une chance qu’elle a son nom sur son casque ( petit souvenir des cours de ski à Anzère)!
Un des plateaux, Riffelberg (altitude: 2 582 m) et, derrière, le Matterhorn.
Flavie mérite bien un morceau de chocolat suisse après sa descente en ski du glacier.
Après une longue journée de ski pour Gaël et une plus courte pour Flavie, voici une récompense bien méritée.

À la prochaine histoire d’hiver!

Sophie

Tomber amoureux des Alpes valaisannes à Anzère

Nous revenons de nos vacances des Fêtes, à Anzère, la tête dans les nuages! Nous avons été happés par la beauté des paysages et le dynamisme d’une place de village piétonne fort sympathique. Retour sur une semaine fantastique avec nos amis Jan, Cielo et leurs enfants Iris et Oliver.

Nos deux familles se rejoignent à l’aéroport de Zürich pour un trajet de 3h30 en train vers le Valais francophone. Entre amis, le temps file à vive allure!

À peine sommes-nous arrivés à Anzère, petit village près de Sion à 1500 m d’altitude, que nous réalisons que notre appartement est situé directement sur la place piétonne du village où l’on retrouve une pente école, un tapis magique, une pente pour les skieurs alpins débutants, une boulangerie, des bars et beaucoup de neige!

Place du village, Anzère
Pente de la place du village, Anzère

Quel bonheur! Il n’en fallait pas plus pour que Gaël et Flavie s’amusent des heures durant dans la neige… même à l’heure du souper. Il fallait aller les chercher dans leur igloo construit avec l’aide des voisins:  » Les enfants, êtes-vous là? Non, maman… »

Les enfants jouent devant l’appartement
Vue de l’appartement

La famille de fondeurs que nous sommes s’est transformée, l’instant d’une semaine, en famille de skieurs alpins. Pendant que Thomas et Jan dévalent les pentes, Sophie, Cielo, Gaël, Iris, Oliver et Flavie prennent des cours avec leurs groupes respectifs. En une semaine, notre Flavie est devenue, selon les niveaux de l’École suisse de ski, une Blue Princess et notre Gaël un Blue King! Le nouveau couple royal a même emprunté des pistes noires (difficiles) durant leurs cours! Par chance que la maman était occupée à pratiquer son parallèle loin de ses petits…

Flavie
Flavie et Tobias, son moniteur de ski
Gaël
Gaël et Thorsten, son moniteur de ski

D’ailleurs, à chaque fois que Gaël descend une piste rouge (intermédiaire) avec moi, je me mérite toujours un: « Bon, il était temps, maman… » Alors que le gentlemen Jan, ancien coloc de Tom à Boston, me dit plutot: « Ça me permet de voir le paysage ». Merci, Jan!

Pistes, Anzère
Vue de la station, Anzère
Pistes, Anzère
Sophie sur les pistes, Anzère
Pistes, Anzère

Je crois que j’y ai vu le plus beau des paysages alpins de ma vie. Oui, j’ai vu le merveilleux! Et avec le Mont Blanc en arrière-plan, pas si mal! Jan m’explique que les vacances de ski dans les Alpes sont une tradition pour les Européens. Sa Belgique natale n’offrant pas de montagnes dignes de ce nom, les Belges, entre autres, volent vers les Alpes pour y skier et y suivre des cours de ski durant les vacances des Fêtes et d’hiver. C’est joli, non!

C’est le coeur gros que nous quittons Anzère mais que de beaux moments nous y avons vécus! À peine nos amis assis dans l’avion pour leur voyage de retour vers Dublin, j’explique à Thomas que sa vie vient de changer car sa blonde et ses enfants aiment maintenant beaucoup le ski alpin.

Prochaine destination: Zermatt, le centre de ski le plus haut de Suisse. Le voyage de ski prévu entre copains d’IBM vient de se transformer en un voyage avec blonde, enfants et copains d’IBM! Ne pars pas sans nous, Thomas!

Sophie

Langlauf im Davos

7h, le réveil sonne et, tout excités, Tom et moi réveillons les petits car le train nous attendra à la gare à 8h30 pour notre long périple en train vers Davos: 15 min de marche jusqu’à la gare + 3 changements de train + un car postal. Pour un temps de parcours de 2h30. Et oui! Il faut vouloir… mais quand le coeur y est.. tout va!

Plus impressionnant encore, voici le contenu de notre bagage: 4 paires de ski de fond, le chariot avec ses propres skis et le harnais, un immense sac à dos avec des vêtements de rechange, les bottes de ski, 1 lunch, 1 souper et le thé chaud, bien sûr! Parce que la Suisse est un pays d’habitués, tous les trains ont un compartiment pour les skis. C’est là où les skis de fond et les skis alpins font connaissance…

En combines, dans le train.

Arrivés à Davos, à 1560 m d’altitude, nous avons la chance de rencontrer des gens super sympas qui nous guident vers le Langlaufzentrum Dario Cologna (et oui, celui-là même qui a gagné des Coupes du monde devant le canadien Alex Harvey). Dario a une maison sur les pistes de ski nordique à Davos, tout comme Alex a la sienne sur les pistes à Saint-Ferréol-les-Neiges, dit-on…

Dans le train, les gens sont curieux de savoir d’où l’on vient avec notre accent.. c’est souvent le cas avec l’accent québécois, on intrigue bien des gens, car nous sommes une espèce rare ici! C’est le cas d’une famille que nous croisons à la Gare de Davos Dorf. Nous avons mis en pratique nos cours d’allemand: « Ich wohne im Wädenswil » À la surprise générale, eux aussi habitent à Wädenswil et, de surcroît, sur la même rue que nous! Ce sont nos voisins! Incroyable! Que la Suisse est petite… Nos voisins ont un appartement de montagne à Saas, près de Davos. Ça fait moins long pour revenir… Nous sommes heureux de faire leur connaissance et ils en profitent pour nous donner quelques informations sur la région.

Après le temps nécessaire à la préparation du départ, nous voilà fin prêts sur nos skis!

À Davos, comme souvent dans les stations suisses, nous skions dans les vallées; quelques pistes, plus difficiles, osent grimper un peu à flanc de montagne. C’est, évidemment, vers ces jolies montées que nous nous dirigeons: Mülhe, 1618 m alt. À 14 km du Langlaufzentrum, c’est un petit réchauffement de début de saison…

Le long du parcours, il est difficile de garder Gaël dans les traces de ski car il veut toujours faire du hors-piste. Je lui dis alors: « Gaël, j’ai une bonne nouvelle pour toi: tes parents aussi ADORENT le hors-piste! On va bien s’entendre. »

Et nous filons ainsi sur 7km..

Gaël dans la descente
Gaël nous attendant
Le tracteur et Flavie ronflant dans le chariot.
Mühle

Nous arrivons à destination, Mühle. Ici, il n’y a qu’un petit restaurant pour les fondeurs (et sûrement de fondue!) et l’arrêt d’un car postal (toujours bon d’avoir un plan B dans sa poche!) Nous y prenons un chocolat chaud et le propriétaire accepte gentiment que l’on puisse manger bien au chaud notre lunch à l’intérieur. Ce n’est pas toujours le cas en Suisse où des signes « kein picknick » se retrouvent souvent sur les tables des centres de ski. Merci, Tom, pour ton super allemand! Sehr gut!

Restaurant de Mühle

Et hop, nous sommes de retour sur nos skis pour un autre 7km mais cette fois-ci en descente. D’ailleurs Flavie en profitera pour skier aussi, car elle aime bien les descentes.

Flavie est entre les jambes de Tom. Gaël est devant.
On voit bien que le gazon n’est pas très loin…
Sur cette affiche, on nous informe qu’il y a une traverse de voiture avec des skis sur le toit.. charmant.
Il ne nous reste plus que 4.8 km

Nous revenons à notre point de départ vers 17h, il fait déjà noir et nous avons à peine le temps de ranger les skis, de transformer le chariot à ski en poussette sur roues et de courir vers l’arrêt de car postal pour entreprendre le chemin du retour. 2h30 de train en direction de Wädenswil! Les parents semblent plus fatigués que les enfants… Êtes-vous étonnés? Mais c’est tout de même mission accomplie pour notre première sortie en ski de fond en Suisse!

De la belle visite en Suisse

Vue du Mont Pilatus, près de Lucerne

L’excitation est à son comble dans notre appartement à Wädenswil: la Tatie des enfants nous visite pour 2 semaines et elle arrive ce matin avec son adorable bébé.

Pour l’occasion, nous nous préparons à plusieurs visites en Suisse: Rapperswil, les montagnes de Flims, Zürich, Einsiedeln, Lucerne, Zug et le Mont Pilatus.

L’arrivée juste avant l’Halloween

Les enfants revenant (seuls!) de l’école, sonnent à la porte et se lancent dans les bras de Tatie, tout juste descendue de l’avion!

Une visite de notre petit bourg, Wädenswil, s’impose puis nous nous dirigeons vers un stationnement près de la forêt où nous avons été invités à une version locale de l’Halloween: Truck or Treats. La scène est intrigante: les voitures stationnées ont leur coffre ouvert, décoré et rempli de bonbons. Déguisés, les enfants passent de « coffre en coffre » pour récupérer leurs petits présents sucrés. La marche n’est pas longue entre les « maisons » et les parents, qui n’ont pas intérêt à rester dans leur voiture pendant des heures, sont poussés à socialiser entre « expats ». En effet, l’Halloween n’est pas fêtée en Suisse. C’est une fête d’étrangers. Par contre, les Suisses aiment bien décorer et certains mettent des citrouilles allumées à leur porte. Alors comment ferait-on pour savoir où sonner? Le problème est résolu par le Truck or Treat qui se fait entre familles consentantes dans un stationnement prédésigné. Note pour les parents: c’est aussi agréable pour nous de faire la tournée des coffres car de chaque voiture émane une musique glauque. On peut donc passer d’une ambiance à une autre. Même si au moins trois voitures faisaient entendre « Thriller » en boucle, d’autres étaient très créatives: nous avons entendu un pot-pourri de Maiden, incluant bien sûr, The Number of the Beast.

Plus tard dans la soirée, le meilleur ami de Gaël viendra à la maison pour souligner l’anniversaire de Gaël. Cette soirée leur permettra de patienter jusqu’à la « vraie » fête d’amis où une grande partie de soccer sera organisée.

Un coffre de voiture décoré
Même les poussettes étaient décorées et cachaient des sucreries.

Tatie in der Schule

Le lendemain, Tatie a la chance de pouvoir visiter les classes des enfants grâce au Besuchsmorgen: matin où les parents sont invités dans la classe de leur enfant.

Bébé m’accompagne dans la classe de Flavie au Kindergarten et nous assistons à la routine du matin.

Bébé au Kindergarten de Flavie
En rappel, bébé au Kindergarten
Le cercle de chaises où chaque jour Frau Gojkovic raconte des histoires aux enfants.

J’ai bien aimé le moment où l’enseignante désigne deux enfants pour aller dans le hall près des casiers. Quelques minutes plus tard, ces deux mêmes enfants reviennent avec 2 paires de bottes et 2 bonnets. L’enseignante demande à qui appartiennent ces objets mal rangés dans les casiers et les malheureux propriétaires des objets se lèvent, à leur tour, pour aller replacer leurs effets.

Ensuite, Bébé et moi assistons au cours privé d’allemand offert par l’école de Flavie. J’ai entendu Bébé dire: « Genau! »

Le lendemain, Bébé visitera à nouveau le kindergarten avec Tatie et Tom et aussi l’école de Gaël où il aura droit à une chanson à la guitare de l’enseignant de Gaël. Chanceux!

Gaël dans sa classe
Tatie et Bébé à l’école Eidmatt 3

Samedi matin, toute la troupe se dirige vers Flims, près de Chur dans les Grisons, pour une rando dans la région romanche de la Suisse. Pour faire la rando, Trutg dil flem en romanche, nous devons monter la montagne bien assis dans deux télésièges jusqu’à 1842m d’altitude, puis nous descendrons la montagne, à pied, en longeant une rivière traversée par 7 ponts.

Bébé et Tatie dans le télésiège
Pont sur le Trutg dil flem

Einsiedeln et son monastère

Dimanche, nous nous dirigeons vers le monastère d’Einsiedeln. Les chevaux ravissent les plus jeunes alors que les plus vieux se réchauffent avec un café bien chaud en regardant la pluie.

Flavie qui voulait caresser les chevaux. Après la photo, Thomas s’est demandé si la clôture pouvait être électrifiée, à tout hasard. Il a touché et … ZAP! Rebienvenue en Suisse!
Monastère d’Ensiedeln

Rien ne nous arrête et hop! de retour dans le train pour une fin de journée bien au chaud dans notre humble demeure.

Le Räbeliechtliumzug ou la procession des navets illuminés

Mardi après-midi, la famille est invitée au Kindergarten, la classe de Flavie, pour aider à sculpter les raves pour le Räbeliechtli. Le Räbeliechtli est une fête d’origine nordique du mois de novembre où les enfants célèbrent le navet en le sculptant pour en faire des lanternes. Cette tradition s’est fortement implantée dans les régions alémaniques et particulièrement en Suisse allemande (Wiki). Ça ressemble à l’Halloween, mais en version plus artistique qu’épeurante. Tout le monde s’y met, surtout les enfants, et c’est beau à voir.

Flavie qui grave sa lanterne navet. On grave jusqu’à ce qu’on voie la lumière à travers la paroi du navet. Ensuite on enlève la surface violette en faisant des formes pour laisser passer une lumière plus blanche. Finalement, on perce un trou dans le fond et on insère une chandelle.

Le lendemain, c’est Thomas qui ira dans la classe de Gaël sculpter le navet. Les lanternes fin prêtes, c’est avec leur classe respective que les enfants déambuleront en chantant dans les rues de Wädenswil sous les regards émerveillés (et très émus) des parents:

« Räbeliechtli, Räbeliechtli, wo gaasch hii? In de tunkli Nacht oni Sterneshii, da mues mis liechtli sii »

Ceux qui connaissent l’allemand reconnaîtront que ce n’en est pas, mais plutôt du Suisse allemand. Comme vous pouvez le constater, c’est complètement une autre langue.

Pendant la procession dans les rues de Wädenswil, un mercredi soir. Tous les parents de la ville étaient là pour voir leur enfant marcher.

Rapperswil-Jona

Jeudi matin, nous filons vers Rapperswil pour une visite éclair de la ville des roses sur le lac de Zurich.

Chateau de Rapperswil
Vue sur le lab de Zurich des remparts du château

Vendredi matin, Tatie et Thomas visiteront Lucerne et Zug sous la pluie. Ce ne sont pas les nuages qui diminueront le plaisir d’être ensemble!

Bébé dans le wagon famille de la SBB.
Tom et Bébé au Musée Rosengart, Lucerne. Tom a beaucoup apprécié la collection de Picasso et de toiles impressionnistes. Bébé, lui, a plutôt aimé marcher à quatre pattes dans les grandes salles vides en testant l’écho de sa voix. La dame à l’entrée ne voulait pas qu’on apporte de sacs dans la salle. Je lui ai alors tendu mon sac pour qu’elle le range. « Qu’est-ce que c’est? » dit-elle. – » Des couches ». Son visage a changé. De la grande classe!
Bébé au Musée Rosengart, Lucerne

Sommet Uruguay-Québec au Pilatus en Suisse

Pour les dernières journées de Tatie avec nous, nous recevons de la grande visite d’Uruguay: Anabel vient passer la fin de semaine pendant une virée en Europe.

Tous ensemble, nous gravirons le Pilatus ou Mont Pilate (2128 m). Nous nous y rendrons avec la voie de chemin de fer à crémaillère la plus raide au monde (le Pilatusbahn). On traverse plusieurs tunnels pour s’y rendre. Pendant le trajet, la prairie passe progressivement du vert au blanc le plus pur. C’est chouette la Suisse pour cela, on a des « saisons à étage ». Ça peut être l’été en bas de la montagne alors que c’est l’hiver en haut. Ça donne le choix aux touristes. Ce n’est pas comme chez nous où on a le choix entre froid et extrêmement froid…

Pilatusbahn
Pilatus kulm
Pilatus kulm
Anabel et Tatie au Pilatus
Flavie au sommet

Le retour vers Lucerne se fera en gondole au-dessus de la forêt enneigée.

Bien au chaud dans la gondole

Le Räbechilbi de Richterswil

Pour terminer notre soirée en beauté, nous filons vers Rischterwil, le village voisin du nôtre, pour le Räbechilbi 2019 (Chilbi = festival). Dans ce village, la tradition du räbeliecthliumzug s’élève au-delà de tout ce qui se fait en Suisse. Tout le village participe à confectionner des oeuvres d’art en navets illuminés. Le soir de la grande fête, le deuxième samedi de novembre, toutes les maisons éteignent leurs lumières afin de laisser place à la magie. Les navets sculptés des écoliers et des habitants du village déambulent dans les rues du village au son de la fanfare. Le village, qui compte habituellement 12 000 habitants, en accueille 50 000 autres ce soir-là.

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Räbelchilbi (photo: rapperswil-zuerichsee.ch)

Départ de la visite

Pour notre dernière journée ensemble, on retourne à Zurich en bateau pour reconduire Anabel.

Cette photo immortalise les retrouvailles du Québec et de l’Uruguay en Suisse!

Merci, Anabel, pour cette intense fin de semaine remplie d’amour!

Merci, Tatie, pour cette magnifique quinzaine. Tu as embelli nos vies et ce fut un pur bonheur de te recevoir à Wädenswil. Tu es notre championne voyageuse! On t’aime! Tschüss!

Sophie et Thomas

Samstagern à vélo

Module de jeux du parc Erlenmoos

Mardi 8 octobre, deuxième journée des vacances d’automne. Nous préparons nos vélos et le chariot de Flavie pour une excursion. Objectif: parc Erlenmoos, Wollerau. Quelques jours plus tôt, Gaël et sa classe ont visité ce parc et une ferme avoisinante et il en était revenu en nous disant qu’il voulait absolument y retourner pour essayer le pumptrack pour les vélos.

Il n’en fallait pas plus pour que j’organise cette sortie rapidement. La seule différence est que Gaël y était allé en train avec l’école alors que nous ferions l’expédition à vélo à partir de la maison.

Wadenswil étant sur les rives du lac de Zurich, nos cours arrières sont les montagnes. Notre randonnée commence donc par 1h de montée constante dans la forêt jusqu’à un magnifique plateau. De ce plateau, on voit bien les ruines du chateau de Wadenswil, le lac de Zurich et les nombreuses fermes de la région.

Sous les nuages, les ruines du Alt Wädenswil Castle

Tout juste après la gare de Samstagen, nous voilà rendus au fameux terrain de jeux dont Gaël nous parlait tant: Erlenmoos.

Pique-nique au parc Erlenmoos

Effectivement, le paradis semble être ici… Gaël ne prend même pas le temps de prendre une bouchée qu’il est déjà sur le pumptrack! Je prépare le pique-nique pendant que Flavie découvre l’énorme aire de jeux.

Pumptrack

Je remarque aussi que les mamans profitent des sorties au parc pour en faire de longues sorties hebdomadaires. Au moins une journée par semaine, elles apportent un lunch, y retrouvent d’autres mères et y passent au moins 4h. Cette routine est le reflet d’une bonne hygiène de vie dont les Suisses peuvent être fiers. Ici, les enfants sont le plus souvent possible dehors, beau temps mauvais temps. C’est beau à voir!

Pour revenir à nos moutons, 3h plus tard… ils ont toujours autant d’énergie et me demandent de jouer au mini-putt. 4 francs suisses par enfant..fiou! J’accepte!

Gaël admiratif face à l’architecture de ce mini-putt.
Plutot original, ce trou nous a bien fait travailler.

4h plus tard, je réussis à rapatrier mes moutons et nous commençons la descente vers la maison. À travers champs et ruines, le chemin est magnifique. Le soleil nous fait d’ailleurs grâce de sa présence.

Le soleil sur le chemin du retour
Les nouveaux amis de Flavie
Joli village sur notre chemin

Nous referons certainement cette balade. Gaël n’attend que ça.

Luge d’été à Sattel

Le lundi 7 octobre est la première journée des vacances d’automne des enfants. Eh oui, en Suisse, les enfants n’ont qu’un mois de vacances en été, mais 2 semaines de vacances à l’automne, à l’hiver et au printemps pour un total de 6 semaines supplémentaires de vacances par année et… c’est sans compter le temps des Fêtes!

Il n’y a rien de trop beau pour les Brosseau-Gervais. Allons donc souligner cette première journée des vacances d’automne « Herbstferien« , à Sattel, une station de montagne, modeste en altitude mais combien excitante pour les jeunes enfants!

Au menu: luge d’été, parc de trampolines, village de jeux gonflables, glissade sur tube d’été, randonnée et pont suspendu, le tout à 1200 m d’altitude et entouré de pics à 1898 m d’altitude (Grosser Mythen).

Sattel a aussi les premières gondoles tournantes au monde.

Nous nous lançons d’abord dans les châteaux gonflables, puis sur les trampolines, enfin vers la luge d’été, coup de coeur des enfants.

Parc gonflable et tubes d’été
Luge d’été
La piste de luge

Pour la journée, j’ai payé aux enfants une carte journalière avec accès illimité à tous les jeux, c’est donc dire qu’il fallait au moins faire 5 descentes de luge pour rentabiliser la remontée mécanique, l’accès aux jeux, etc. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et Gaël a finalement fait 50 descentes!!! C’était 99 francs suisses bien investis! Eh oui, 99 francs suisses…

On doit ajouter à ce montant 21 francs suisses pour le train. Notre lunch est donc indispensable à la montagne même si les Suisses semblent plutôt opter pour la restauration lors des sorties de plein air.

Pour terminer, une balade sur le pont suspendu où l’énergie débordante des enfants déstabilise un brin le pas de certains randonneurs.

Raiffeisen Skywalk, pont suspendu de 374 m de long et 58 m de haut.

Un dernier tour sur les trampolines, une salutation à M. Patate et puis, hop, dans le car postal puis dans le train direction Wädenswil!

On revient à la maison heureux de notre journée, Flavie endormie dans mes bras et Gaël, mon assistant-guide, fidèle au poste.

La Suisse à deux roues

Gaël à vélo sur le Zimmerberg, avec loin en contrebas le lac de Zurich

Pour qui aime le vélo, la Suisse est loin d’être plate… Voilà deux mois que nous habitons ici et nous avons pu déjà profiter amplement de ses routes de campagne, de ses chemins de montagne en gravier, ou simplement, des pistes cyclables longeant les routes principales. La Suisse possède un réseau vraiment intéressant pour les cyclistes. De plus, on peut emporter son vélo avec soi dans le train, dans un funiculaire, une gondole, un télésiège, ou même dans la plupart des autobus. Comme d’habitude, ces privilèges se payent et un billet pour prendre un transport avec son vélo coûte le double d’un billet normal, jusqu’à concurrence de 14 francs pour une journée complète (train + bus). (Par comparaison, un billet pour emmener son chien dans le train coûte 25 francs.) La combinaison train-bus-vélo est vraiment incroyable. Il est très facile de prendre le bus pour monter en haut d’une colline puis de redescendre tranquillement. Gaël et moi, on se fait des sorties père-fils comme ça. Après le travail, on prend le bus pour monter la montagne sur la rive ouest du lac de Zurich, le Zimmerberg. Là-haut, dans un petit village appelé Hirzel, il y a une forêt avec de belles pistes de vélo de montagne. La vue est imprenable sur le lac.

Vue du Lac de Zurich du Zimmerberg, près de Hirzel.

Quelques autres sorties en famille

Wädenswil, c’est un peu la campagne (rappelez-vous mon analogie avec les abords du lac Memphrémagog). À 5 min de vélo de chez nous, vers le sud, il y a un petit chemin à peine assez large pour faire rouler une voiture. Il mène à travers la campagne vers le village de Richterswil. On y croise des vaches, des moutons, une petite ferme où on vend de l’agneau et des maisons avec des vues juste pas possibles.

Sur la vieille route du pays (Alte Landstrasse) menant de Wädenswil à Richterswil. Nous la faisons en famille presque à chaque semaine. C’est environ 1h aller-retour.

Si on prend vers le nord, on arrive au village d’Au, prononcé Aow, comme lorsqu’on se donne un coup de marteau sur un doigt. Une autre belle randonnée à vélo. C’est le site d’un vaste vignoble et d’un château du 18e siècle style « Moulinsart », le tout sur une péninsule s’avançant dans le lac de Zurich. Le « Weinbauzentrum » (Centre de la vigne) d’Au offre des dégustations de vins régionaux que nous imaginons succulents. Toutefois, nous hésitons encore à y aller: le prix d’entrée est de 200 francs pour la dégustation…

Sortie à vélo au château d’Au. C’est à 20 minutes de la maison.
Autre exemple de paysage de vélo: la campagne, entre Baar et Wädenswil. Ce jour-là, nous avons fait ce trajet d’environ 1h30 à vélo sur de petites routes de campagne.
Autre randonnée familiale: Gaël et son meilleur ami Benicio dans la vallée de la rivière Sihl, dans la campagne de Wädenswil.

Le Pizol. À la montagne en vélo

En fin de semaine, Gaël et moi avons fait notre première sortie importante de vélo en montagne. Nous nous sommes rendus au sommet du Pizol, un pic d’environ 2800m dans la région de Saint-Gall (à l’est de la Suisse). Pour monter à son camp de base, la Pizolhütte à 2222 m, nous prenons le train jusqu’à la ville de Bad Ragaz avec nos vélos, puis un autobus, puis une gondole et deux télésièges. Sophie et Flavie montent avec nous, mais elles redescendront.. en gondole.

La vue vaut le déplacement. En contrebas, le haut Rhin déploie ses méandres dans la vallée du Liechtenstein environ 1800 m plus bas. Pour un Québécois, ce contraste entre haute montagne et vastes plaines dignes de la vallée du Saint-Laurent est assez dépaysant.

La plaine du haut Rhin, serpentant entre les massifs montagneux. On voit quatre pays dans cette photo (l’Allemagne et le lac de Constance au loin au fond à 50 km, le Liechtenstein dans la vallée en bas et l’Autriche au fond à droite.
Route de vélo serpentant dans les montagnes. Ces routes de vélo sont beaucoup plus difficiles qu’elles en ont l’air comme ça.
Quand les pistes sont trop boueuses ou « défoncées » on préfère descendre directement sur le gazon de l’alpage.

Je regrette ici de ne pas avoir pris assez de photos de notre descente en vélo de montagne, mais c’est parce qu’elle était plutôt ardue. Nous avons pris la piste Geissatraum: 17 km de chemin de terre avec 1850 m de dénivelé vertical. Deux fois le Mont-Tremblant. Gaël a fait ça comme un champion avec la prudence qu’on lui connaît déjà. Il semblait avoir un bon jugement et n’hésitait pas à descendre de son vélo quand c’était trop à pic. On a pris notre temps et on a eu beaucoup de plaisir ensemble.

Petite pause de vélo sur le chemin de Bad Ragaz

Le Zürichsee slow-up

Comme si nous n’en avions pas eu assez du Pizol à vélo, le lendemain, en ce beau dimanche de septembre, nous avons participé au Zurichsee slow-up, un événement annuel cycliste autour du lac de Zurich. Pour l’occasion, la route du bord du lac côté est est fermée aux automobiles sur 30 km et on peut y circuler librement à vélo. Il y a du monde, mais ça vaut vraiment le détour. En chemin, on se fait donner des cadeaux par les commanditaires. On longe aussi un des plus importants vignobles de la région, à Stäfa, et on peut même déguster des vins locaux.

Nous y sommes allés avec la famille de Benicio, l’ami de Gaël à son école. Nous avons eu beaucoup de plaisir. À la toute fin, Gaël a été invité au restaurant par la famille de son ami. Nous en avons profité pour visiter le château de Rapperswil, à l’extrémité du lac de Zurich.

La ville de Rapperswil vue de la tour du château. (J’ai oublié de prendre le château en photo, désolé. Il faudra venir le voir)

Le Slow-up se termine pour nous vers 17h à Rapperswil. Sophie, Flavie et moi, on retourne à Wädenswil en Vélo. 14 km de plus. Comme si on en n’avait pas eu assez…

Annexe A: À la job en vélo

Le vélo n’est pas qu’un loisir ici non plus. Comme à Montréal, c’est mon principal moyen de transport pour me rendre au travail. De Wädenswil à Rüschlikon, chez IBM, il faut compter 15 km environ. À l’aller, il faut grimper environ 100 m d’altitude. Au retour, l’énergie potentielle emmagasinée nous permet d’atteindre des vitesses records sur certains tronçons. Ce qui me fascine plus que tout, c’est le faible nombre d’arrêts obligatoires en chemin. J’ai compté 4 feux de circulation et… deux arrêts-stop. Il y a des ronds-points partout. En guise de comparaison, à Montréal, entre notre maison et mon travail, je pense que je peux compter une dizaine de feux rouges et une bonne vingtaine de stops sur à peine 7 km. On est toujours arrêtés ou en train de se sentir mal parce qu’on brûle des stops où il n’y a, de toute manière, personne. C’est pas des blagues. Ici, je peux filer à vive allure, de sorte que je franchis le double de la distance en à peine plus de temps qu’à Montréal. Pour en profiter, je me suis équipé de la tête aux pieds. « Habillé en mouche », comme dirait mon collègue Alain, cycliste redoutable. Qu’importe, j’assume pleinement mon statut de moucheron, ou encore, comme disent les anglais, de MAMIL, pour « Middle aged man in Lycra ».

The return of the fly… avec mon premier vélo de course à vie. Remarquez comment le jaune du casque s’agence avec celui de ma sacoche. C’est voulu!

Une nuit en montagne

En quittant pour la Suisse, j’avais en poche une liste de rêves à cocher.  Eh bien, en voilà un de réalisé et je vous assure que l’expérience sera renouvelée.  Quel bonheur de voir sa petite famille heureuse sur les sentiers à plus de 2000m d’altitude pour finalement passer une belle nuit de sommeil dans la chaleur et le confort d’une hutte de montagne !

Cette fin de semaine, nous décidons de faire comme plusieurs Suisses : marcher à la montagne.  D’ailleurs, chaque samedi matin, c’est très beau de voir les trains pleins à craquer de randonneurs à destination des montagnes.  Thomas et moi avons chacun un sac à dos avec les petits-déjeuners, 2 sacs de couchage chauds pour les enfants, 2 draps d’auberge pour les parents et les vêtements d’hiver.  Eh! oui, on annonce 1 degré C en montagne cette fin de semaine! Il est donc temps de sortir mitaines et tuques pour s’assurer que les petits monstres seront bien au chaud !

Nous sommes fin prêts pour notre périple.  Nous prenons le train directement de Wadenswil jusqu’à Flums puis un AutoPost qui grimpera dans la montagne de Flumserberg à 1220 m d’altitude (une montagne de ski et de vélo de montage réputée) pour nous déposer à la télécabine et  celle-ci nous conduit à une navette (sous le camouflage d’un petit train pour le plus grand plaisir des enfants).  Cette navette nous amène à un télésiège jusqu’à 2020m d’altitude !  Nous n’avons pas encore commencé la rando et les enfants sont surexcités !

Objectif : Spitzmeilenhütte 2087 m d’altitude dans les Alpes glaronaises.

Télésiège à Flumserberg
Navette

Nous avions à peine entamé notre marche que Thomas nous gratifie d’une scène mémorable : grande discussion avec une vache qui est droit devant lui sur notre chemin.  Pas simple d’essayer de faire comprendre à une vache de nous céder le passage ! Les enfants en rient encore !

Malgré le temps nuageux, le bonheur est au rendez-vous et la rando se déroule à merveille !  Après 2h30 de marche, nous voyons apparaître dans le brouillard notre hutte !

Le temps que nous nous installions, le brouillard se lève sur la vallée et nous avons droit à une magnifique vue des montagnes.

Vue de l’intérieur de la hutte
Intérieur de la hutte

Après un bon repas communal, nous nous mettons au lit.  Dès les premières lueurs du matin, l’excitation est à son comble dans la hutte (je ne vous ai pas dit qu’il y avait un groupe de scouts de 18 garçons avec nous dans la hutte !)  Il neige !

Exit la vue sur les montagnes et bonjour la neige !  Nous prenons tout de même le temps de grignoter, de jouer aux échecs et de remplir nos bouteilles de thé chaud et hop! nous voilà en train de jouer dans la neige !

Nous réalisons que l’excitation de la neige nous a un peu fait oublier notre horaire et nous devons faire le chemin du retour à un bon rythme (2h15) pour pouvoir revivre le même safari du départ : télésiège, navette, télésiège, etc.) 

Au loin, Gaël dans le brouillard
Rien n’arrête les randonneurs!

Mission accomplie !  Toute la petite famille a réussi le défi : Flavie a terminé sur les épaules de papa et Gaël, surnommé la chèvre des montagnes, a, encore une fois, montré ses grandes qualités de motivateur pour sa petite soeur!  Bravo! mes amours, vous nous impressionnez beaucoup !

A tous nos amis amoureux de la neige et des montagnes : Thomas et moi venons de comprendre le potentiel de ski hors-piste de hutte en hutte en Suisse !  De quoi faire rêver !

Sur ce, Thomas et moi, un peu courbaturés, allons nous reposer pour la prochaine aventure.

Locarno et son festival de films

Il pardo di Locarno (La panthère de Locarno, emblème du festival)

Si vous êtes un lecteur assidu du Devoir, comme moi, vous avez peut-être remarqué qu’on y entend souvent parler pellicule. Odile Tremblay, critique culturelle du quotidien, semble particulièrement apprécier les festivals européens qui présentent des projections plus audacieuses que Fast and Furious 8 ou le retour du retour de la Jedi (alias Star Wars 7-9). Ainsi, peut-être avez-vous déjà entendu parler de la Mostra de Venise, de la Berlinale, du Festival Sundance (au Utah) ou encore du Festival International de films de Montréal (à Toronto ;)? Peut-être vous est-il arrivé de croiser, dans une section cinéma du Devoir ou ailleurs, le nom de Locarno? Cette petite ville de la Suisse italophone (le Tessin) présentait cette année son 72e festival international de films. Le Québec, historiquement, y est bien représenté. Vous souvenez-vous de « Monsieur Lazhar » de Philippe Falardeau, de « Gabrielle » de Louise Archambault ou encore de « Curling » de Denis Côté? Ces films ont tous été primés sur les planches de la Piazza Grande de Locarno. Nous avions donc envie d’aller y jeter un oeil. Après 10 jours de camping en Suisse, nous avions envie de nous la jouer « Jet Set ». Les enfants, en route pour Locarno!

Première attraction touristique pour tous, le trajet de Zurich à Locarno passe immanquablement par le tunnel de base du Saint-Gothard, la merveille d’ingénierie de transport 57 km de long, traversant le massif alpin à plus de 2000 m sous la surface des montagnes à quelques endroits. Un 20 minutes dans l’obscurité totale nous rappelle qu’un tunnel, côté paysage, on a déjà vu mieux. (Remarquez que je n’ai pas ajouté de photo…)

Une fois débarqués du train, notre premier objectif: rejoindre notre hôtel pour y laisser nos affaires. Nous avions choisi pour notre escapade Jet Set une jolie auberge de jeunesse pour la nuit de samedi, au coût de… 192 francs pour une chambre. (On a déjà dormi pour moins cher au Château Frontenac.) Tout de même, elle était très jolie et confortable, escalier en marbre inclus . La jeunesse n’est plus ce qu’elle était et cela convient parfaitement à ma quarantaine bien sonnée.

Flavie devant une tapisserie de l’auberge de jeunesse.

Une fois dehors, nous goûtons à nouveau (après Lugano) au climat tessinois. Il fait au moins 5 degrés de plus qu’à Zurich et les palmiers nous entourent. Locarno est une ville ensoleillée avec de nombreuses ruines médiévales. Les abords du lac Majeur sont particulièrement jolis, avec une longue promenade où l’on croise cygnes, voitures de luxe et piétons profitant de la brise.

Une starlette croisée sur le bord du lac Majeur à Locarno
Vue sur le lac. Photo de notre fiston.

Mais nous ne sommes pas uniquement venus pour admirer le paysage. Nous avons identifié un petit film familial en bandes dessinées et de surcroît en langue française dans le programme de la journée. Nous nous présentons au cinéma quatre heures d’avance pour nous procurer un billet. On nous explique que les billets ne sont disponibles que 30 minutes avant la séance. Nous repartons nous promener. Vingt minutes avant la séance, nous nous présentons à nouveau au guichet. On nous apprend que tout est complet. C’était le seul film que les enfants pouvaient voir. Ils ne verront donc pas de film au festival de films de Locarno. Même si c’était 17 francs le billet, nous sommes extrêmement déçus. Après un petit souper dans une osteria italienne vraiment typique (pâtes sauce tomate et pizza romana), Sophie et moi nous nous disons adieu, l’instant d’une soirée. Elle la passera avec les enfants alors que j’irai sauver l’honneur de la famille en allant assister à la cérémonie de clôture du festival qui commence à 21h ainsi qu’au dernier film du concours. Que la vie est dure pour moi…

À 20h30 précises, la Piazza Grande, la place centrale de Locarno, ferme. Une foule d’agents de sécurité se déploie alors pour vérifier que tous sur la place ont leur billet (même ceux qui mangent aux restaurants des terrasses) et éconduire ceux qui pensaient pouvoir se faufiler. Une fois tous les spectateurs assis (au moins 6000 personnes à vue de nez), la cérémonie de remise des prix commence. Fait intéressant et typiquement suisse, elle se déroule en quatre langues distinctes, chacun choisissant de s’exprimer soit en français, en italien, en allemand ou en anglais. L’italien est toutefois la langue principale et la langue d’animation du concours. Pour ceux que ça intéresse, le « pardo d’oro », premier prix du festival remis au meilleur film, a été décerné au film « Vitalina Varela » du réalisateur portugais Pedro Costa, un film tourné tout en ombres. L’actrice du film, qui se nomme d’ailleurs Vitalina Varela, a aussi remporté le pardo d’oro de la meilleure actrice.

La cérémonie de clôture, sur la Piazza Grande.

Une fois la cérémonie terminée, nous avons eu droit au film de clôture du festival: « Jusqu’au bout du monde », du réalisateur japonais Kyushi Kurosawa. Celui-ci représentait bien la mission « internationale » du festival. C »était une co-production Japon-Ouzbékistan, racontant le choc culturel vécu par une star des médias sociaux japonaise en tournage à Samarkhand et Tachkent. Ayoye! De l’Ouzbèque mélangé à du japonais sous-titré en italien et en anglais. Je voulais être dépaysé, je suis servi. J’ai lutté contre le sommeil un bout et, honnêtement, je serais mal à l’aise de le recommander. N’empêche que l’Ouzbékistan a l’air drôlement beau comme endroit et il figure désormais sur ma liste des futures destinations voyage excentriques de la famille.

Le Lido Locarno

Le lendemain, après s’être bien prélassés dans notre auberge de jeunesse qui, soit dit en passant, hébergeait grande quantité de réalisateurs qui cherchaient probablement comment ne pas trop amputer le budget de leur prochain film, nous nous sommes mis à la recherche d’une activité familiale. Depuis que nous sommes en Suisse, un choix unanime s’impose presque toujours: les plages de lac. Strandbad ou Seebad en allemand, Lido en italien, ce sont les endroits par excellence pour les familles en été. (On vous prépare un article complet là-dessus vers la fin de l’été, vous verrez…). Celui de Locarno est de loin le plus impressionnant que nous ayons vu jusqu’à maintenant et ça doit être le 7e ou 8e lido que l’on visite. On y trouve une piscine olympique pour faire des longueurs, une tour à plongeon de 10 m, des sources thermales, un spa extérieur de la taille d’une immense piscine et qui communique par un tunnel avec une piscine intérieure où les enfants peuvent jouer. Tout ça sans compter les glissades d’eau! Gaël et moi, on a dû faire les trois glissades au moins dix fois chacune. Vraiment excitantes!

Le Lido Locarno vu du lac
Le lac Majeur, vu du Lido Locarno

À notre sortie, la préposée à l’accueil du lido me sourit.

– Ciao Ricky! qu’elle me crie.

Il faut dire qu’en voyant ma carte d’identité à l’entrée, elle m’avait demandé si j’étais parent avec Ricky Gervais, dont elle était une grande fan. Je lui ai répondu du tac au tac que c’était moi. Elle ne m’a pas cru, mais ça l’a bien fait rigoler.

2h30 de train et un tunnel de 57 km plus tard, nous étions de retour à la maison. Demain, journée un peu moins glamour et on annonce de la flotte.

Bonne nuit à tous!

P.S. Ce texte a été publié deux semaines en retard. Le Festival de Locarno a eu lieu cette année du 7 au 17 août 2019.

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