Abenteuer in Frankreich

La place de la Réunion, à Mulhouse.

– Chéri, en fin de semaine je te propose d’aller voir Mulhouse.

– Qui? L’ami de Bart Simpson?

– Mais non, la ville française tout à côté de Bâle. Ça a l’air chouette.

– Pourquoi pas, il parait qu’il y a un bon steakhouse à Mulhouse.

– Arrête de niaiser…

Quelques préparatifs et deux heures de train plus tard, nous arrivons à la gare Centrale de Mulhouse. La voix enregistrée du train nous apprend qu’il faut prononcer « Mulhouse » comme « pelouse » et non à l’allemande (Mühlhaus = maison du moulin). En plus d’être poches, mes jeux de mots ne marchaient même pas. J’aurais dû y penser.

Premier objectif, aller se procurer le « Pass-Mulhouse » qui donne accès à plusieurs musées et au transport gratuit. Je me présente au comptoir de la SNCF. Bulle au cerveau, je demande le « Pass-Alsace ». À mon grand malheur, celui-ci existait à la SNCF et ainsi commence un quiproquo qui ne me mettra pas trop trop en valeur…

Ignorant tout encore de mon erreur, au moment de payer, je me rends compte que mon portefeuille est dans mon imper rangé dans le fond de mon sac. Je vais chercher Sophie pour qu’elle paye à ma place. La préposée attend, tout sourire, même si je fais attendre tout le monde. Elle me remet finalement ma passe et me souhaite une bonne journée.

À peine achetée, je retourne voir Sophie pour me rendre compte que ce n’est pas la bonne passe. Je viens d’acheter, pour 40 euros, une passe de train pour voyager en famille partout en Alsace aujourd’hui même. Le problème, c’est que ça fait 30 min que j’ai débarqué du train et que nous n’avons nullement besoin de ce « pass ». (Pourquoi n’utilisent-ils pas leur belle langue pour dire « passe » ou « laissez-passer », je n’en ai aucune idée…) En regardant bien le billet, je remarque aussi la grosse inscription au milieu « Non remboursable, ni échangeable… ».

J’essaie de retourner immédiatement voir la préposée. On me remet gentiment à l’ordre en me rappelant que d’autres attendent patiemment leur tour. Je refais 20 min de queue pour enfin la revoir. Je lui fais mon plus beau sourire sachant que je pars avec deux prises.

– Vous allez me trouver bien étourdi, Madame, mais je me suis trompé de nom. Je cherchais le « Pass-Mulhouse » (Que je prononce bien comme « pelouse » maintenant). Quel quiproquo, n’est-ce pas?

– Je suis désolée, Monsieur, mais ce billet n’est pas échangeable, mais je vais tout de même aller voir ma patronne pour voir si ce serait possible de faire une exception. (Elle part 2 min). C’est bon, on va vous l’échanger.

Elle m’imprime un autre billet qui est une passe de train uniquement pour la ville de Mulhouse.

– Merci, Madame. Est-ce que vous pouvez m’expliquer à quels musées nous avons accès gratuitement avec ce « pass »?

– Musées? Mais, Monsieur, c’est un billet de train, vous êtes à la SNCF.

– Oui, je sais. Mais je me disais que peut-être que vos passes donnaient accès à des rabais pour les musées (Comme en Suisse d’ailleurs…). Attendez… c’est bien le « Pass-Mulhouse »?

Là, j’ai senti que la commis changeait de registre…

– Non Monsieur, et je n’ai aucune idée de ce qu’est ce pass. Adressez-vous à l’information touristique. Je vais encore aller voir si je peux vous rembourser le billet. Elle part 2 min puis… C’est d’accord pour vous rembourser, mais c’est vraiment une exception parce qu’il est écrit sur le billet « NON REMBOURSABLE, NON ÉCHANGEABLE ».

Pendant qu’elle me rembourse, je me rends compte que ça va prendre la carte de crédit de Sophie. Pour en rajouter, Flavie fait une crise de fille fatiguée dans un coin de la salle. Je cours la voir.

– MONSIEUR, JE SUIS EN TRAIN DE VOUS REMBOURSER!

Ayoye! Sophie a pris le remboursement et a demandé où était l’information touristique. Pas de réponse. Nous nous sommes enfuis de cet endroit en se disant que ce n’était pas la fois où j’ai mis le Québec le plus en valeur aux yeux des Français…

Nous marchons 1 km de la gare à l’information touristique. Flavie est toujours de mauvaise humeur et fait de l’attitude. Le temps passe lentement.

Flavie… en réflexion devant le Monument France-Libre, place du Général-de-Gaulle, à Mulhouse.

La personne à l’information touristique était charmante et nous a confirmé que le « Pass-Mulhouse », que j’avais déjà baptisé en mon fort intérieur le laissez-passer A38, existait bel et bien. Nous repartons visiter la ville ragaillardis.

La cité de l’automobile de Mulhouse

Une des attractions incontournables de Mulhouse est sa « Cité de l’automobile », le plus grand musée consacré à la voiture du monde. Cette région de France était connue dès le début des années 1900, comme le berceau de l’automobile. C’est aussi là que le célèbre Ettore Bugatti a démarré sa fabrique de… Bugatti, qui est en fait une marque de voiture sport française et non italienne. (J’ai l’air bien érudit comme ça, mais j’ai tout appris ça au musée. Ma culture automobile est plutôt mince autrement… ).

Cette collection a commencé dans les années 1920. Les frères Hans et Fritz Schlumpf, Suisses de naissance, ont fait fortune dans l’industrie textile dans la région de Mulhouse. Fritz était un véritable maniaque d’automobiles et en a acquis plusieurs centaines au courant de sa vie, dont une quantité phénoménale de marque Bugatti, la voiture de luxe emblématique de la région. Le musée se situe sur le site d’une de ses usines de textile qu’il a reconvertie lui-même en salle de montre. La collection, compte environ 700 automobiles, dont plus de 500 peuvent être observées lors de la visite. (Imaginez un genre de H Grégoire qui aurait des autos de 1885 à 2019, mais qui ne sont pas à vendre et qui sont situés dans un décor enchanteur). 90% des voitures présentes proviennent de la collection Schlumpf. Incroyable!

Les plus vieilles sont particulièrement intrigantes. En 1890, les voitures étaient à vapeur et avaient une puissance utile d’environ 2 c.v., soit environ ce qui est fourni par une prise électrique domestique. En visitant le musée, on voit clairement l’évolution des voitures à travers les bonds technologiques qui ont été faits. Le volant, le pare-brise, le moteur à essence, le turbo, etc. Saviez-vous qu’avant l’invention de l’essuie glace et l’application de lave-glace, on recommandait de frotter un oignon cru sur la vitre pour enlever le givre? Et pour la buée, c’était une pomme de terre coupée en deux que l’on frottait. (Ça ne s’invente pas.)

Somme toute, ce qui reste le plus impressionnant, pour un non-expert en voiture, c’est la collection de voitures de luxe: Porche, Ferrari, Rolls Royce, Formule 1 et surtout les Bugatti qui sont omniprésentes. On y trouve le plus récent modèle de la compagnie, la Bugatti Chiron (ci-dessous). Cette deux portes, dotée d’un moteur W16 (deux V8 un à côté de l’autre) de 7L et 1500 chevaux, est la voiture de route la plus puissante disponible actuellement. Elle fait le 0 à 100 km/h en 2,4 secondes. Son moteur est tellement puissant que les constructeurs étaient conscients qu’elle pouvait peut-être poser des dangers à la circulation. Aussi, ont-ils jugé sage de limiter sa vitesse à … 420 km/h. (Imaginez! Ça doit tellement être frustrant pour le propriétaire…) D’ailleurs, c’est la voiture qui fait le 0-420-0 km/h en moins de temps, soit 42 secondes. Elle a donc de méchants freins aussi, ce qui va de soi, il me semble, quand on peut rouler à cette vitesse… Pour les intéressés, le modèle de base se vend 3M$, mais une édition spéciale de la voiture, limitée à un seul exemplaire et appelée « La voiture noire », s’est vendue à 19M$.

La Bugatti Chiron (2016). Un W16 de 7L atteignant 420 km/h. (Notre photo)

Camping Mulhouse

De retour à la dure réalité de la classe moyenne, nous prenons le chemin de notre camping en tramway. Sophie a dégoté au camping de Mulhouse de jolies petites cabanes estivales pour bien moins cher qu’un plein d’essence de Bugatti Chiron. La nôtre, peinte en mauve, fait le bonheur absolu de notre Flavie, dont c’est la couleur préférée.

Les installations sont vraiment chouettes et, pour les 44 euros que nous avons payés, accotent facilement les chalets compacts de la Sépaq au double du prix. En arrivant, nous nous rendons compte que notre pot de miel, qui devait servir au déjeuner, s’est entièrement vidé dans mon sac, entre mes vêtements, les maillots de bain des enfants et notre lunch. Nous nous sommes fait de nombreuses amies qui piquent durant l’heure que ça a pris pour dégommer tout ça. Les guêpes nous aimaient un peu trop. Ça devenait dangereux.

Flavie dans son petit chalet mauve…

En après-midi, nous avons fait notre première partie de mini-putt européen. Gaël et moi avons tous les deux joué 59 sur un 18 trous. Ça devait sûrement être un par 4…

En soirée, nous sommes allés visiter la vieille ville. En son centre, la Place de la Réunion. Il s’agit de l’édifice protestant le plus haut de France.

Le temple Saint-Étienne, la seule Église protestante trônant sur une place centrale en France. Magnifique!

Nous terminons notre périple dans un petit resto du coin servant des plats typiquement alsaciens. Sophie a commandé une flammeküche (littéralement « tarte flambée »), la pizza crème et lardons qui est de plus en plus populaire à Montréal dans les brasseries et les pubs. J’ai mangé des « knepfle », genre de pâtes alsaciennes faites avec uniquement de la farine et de l’eau. Et pourtant, c’était vachement bon. Dire qu’avec cette même recette, ma grand-mère Mamie faisait de la colle à papier mâché. Comme quoi il n’y a pas juste les ingrédients qui comptent, le savoir-faire aussi.

Le lendemain, nous sommes allés à l’épicerie (rappelez-vous, plus on achète, plus on économise). Partis avec 10 kg de bagages sur le dos, nous sommes revenus avec un bon 30 kg! Encore des boîtes de thon et des tortillas, mais aussi quelques bouteilles de Gewürtzstraminer que nous dégusterons dans les prochaines semaines. Vive la France!

Retour à la maison avec escale au bord du lac des Quatre-Cantons

Avant d’arriver à la maison, nous arrêtons à Weggis, au Lac des Quatre-Cantons, pour passer du temps avec mon collègue Marcel, son fils Nicolas et ses parents. C’est un endroit simplement magique. Nous passons l’après-midi au Lido Weggis, la plage locale pour ensuite aller souper dans leur magnifique maison à flanc de montagne. Encore une belle soirée où nous goûtons à l’hospitalité suisse allemande.

Vue sur le Bürgenstock, station de luxe (tout en haut de la montagne), en face de Weggis.
Vue typiquement suisse du balcon de nos amis à Weggis avec une touche québécoise (ou plutôt deux) dans la photo .

Publié par Famille QuebecZurich

Une famille Québécoise avec de jeunes enfants vivant une année en Suisse alémanique. Découvrez la Suisse avec nous: géographie, culture, plein air, vie familiale. Bonne lecture à tous.

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