Les trains suisses

Une fois installés dans notre maison, la première chose que nous avons faite, avant même de se procurer de la nourriture ou un forfait internet, c’est d’aller acheter nos passes de train. Pour avoir un peu lu sur le système ferroviaire suisse à distance, je sais que c’est le plus dense au monde et certainement le plus efficace. C’est aussi probablement un des plus chers. Il est clair que nous allons essayer de passer l’année sans acheter de voiture, alors nous avons besoin de passes de train. En gros, le réseau de transport suisse ressemble à ceci. On peut aller littéralement n’importe où. Le site www.sbb.ch (SBB: Schweizerische Bundesbahn, en français CFF: Chemins de fer fédéraux) est super bien fait et permet de calculer notre trajet à la minute près incluant une combinaison de tous ces moyens de transport.

Lorsqu’on s’intéresse à la structure des prix du système ferroviaire, on se rend vite compte que ça prend un Ph.D. en recherche opérationnelle pour arriver à optimiser nos dépenses. J’ai passé beaucoup trop de temps à comprendre le système pour économiser quelques sous. Il y a des cartes demi-tarifs, des abonnements généraux ou non, des abonnements cantonaux, des rabais saisonniers, tout ça appliqué à cinq modes principaux de transport: les trains, les bateaux, les autobus, les cars postaux, et oui, les téléfériques, car la Suisse en compte environ 2500 actifs dans tout le pays. Commençons par la base. Imaginons que l’on doive aller travailler à Berne de Zurich. Un train reliant les gares de ces deux villes coûte 51 CHF (68$), prend exactement une heure pour un parcours total de 135 km. Il y a des trains directs à toutes les 15 minutes durant le jour. Mais tout de même: à titre de comparaison, j’ai vu des trains Montréal – Ottawa en juin pour 44$. 68$. C’est donc très cher pour une distance beaucoup plus courte. Un choix évident pour n’importe qui restant plus de deux semaines en Suisse est de choisir la carte demi-tarif. Elle fait ce qu’elle dit. Tous les trains sont à moitié prix lorsqu’on possède cette carte (qui coûte 130 CHF pour un mois, ou 185 CHF pour une année). On tombe donc à 25,50 CHF pour Zurich-Berne. On la rentabilise donc assez vite. De plus, pour 30 CHF additionnel, les enfants de moins de 18 ans voyagent gratuitement. Un autre choix évident. Le problème, c’est qu’une fois à Berne, dans mon exemple, il faut prendre des bus, des trams ou autres moyens de transport locaux. Eux aussi coûtent assez cher. Une façon de s’en sortir est de prendre un billet aller-retour qui coûte, eh oui, le double (jusque là, c’est simple). Tout billet aller-retour dans la même journée en Suisse donne accès à tous les transports des zones parcourues. Ça permet d’économiser. Une autre façon d’économiser est d’acheter 6 billets à la fois, ce qui donne un rabais de 5% supplémentaire. Mais il reste les téléfériques et les bateaux qui sont souvent exclus des billets standards et peuvent revenir très cher. (Nous avons pris un téléférique à St-Moritz, le piz Diavolezza, qui coûtait 50$ par personne pour littéralement 20 minutes de remontée mécanique. ) Dans ces cas, il y a d’autres options. On peut acheter des paquets de billets plafonnés à 30-40 CHF par jour tout inclus. Ces billets peuvent être achetés en lots de 20 ou de 30. On peut les activer lorsqu’on sent qu’on va péter notre budget. Par contre, ils n’incluent pas exactement tout, question de nous garder alertes en tout temps. Finalement, une des choses que j’ai trouvée le plus drôle est que l’on ne puisse pas réserver de siège dans les trains. Pour réserver un siège, il faut payer 16 CHF par siège réservé (donc 64 CHF pour une famille de 4). Pensez-y, 85$ environ juste pour réserver quatre sièges. Sinon, vous pouvez avoir à attendre le train suivant et ce, peu importe la durée du voyage. Il va sans dire que nous ne réservons que lorsque cela est absolument nécessaire comme pour les trains rhétiques (des Rhètes, un peuple alpin parlant une langue romane aujourd’hui éteinte et vivant dans le sud est de la Suisse). Ceux-ci nous font traverser les cantons des Grisons et sont classés « patrimoine mondial de l’Unesco ». Nous y reviendrons. Dans tous les cas, je n’ai encore jamais vu un train suisse plein. Rien à voir avec le métro de Montréal…

Finalement, le NEC plus ultra, c’est l’abonnement général. Avec cette carte, on peut prendre n’importe quel moyen de transport public gratuitement en Suisse. Son coût est bien sûr en proportion des privilèges consentis: 430 CHF par mois ou bien 3860 CHF par année.

Nous avons finalement opté pour la carte demi-tarif, deux liasses de 20 billets plafonnés et nous songeons acheter une passe de train cantonale 3 régions à Zurich transférable (que Sophie et moi pourrions utiliser à tour de rôle). Le tout serait complété par des liasses de 6 billets pour les zones non couvertes par notre passe dans le Canton. Vous n’avez pas suivi? C’est normal. Ça m’a pris 20h sur mon téléphone pour établir ma stratégie… on vous l’expliquera si vous venez nous voir!

La ponctualité des trains suisses

La ponctualité des trains suisses est légendaire et à la hauteur de sa réputation. Il est toujours étonnant, pour un voyageur récemment arrivé au pays, de constater que les portes du train s’ouvrent à la minute spécifiée à la gare. À la gare de Zurich, les portes s’ouvrent à la seconde près! On peut régler sa montre sur le train. Quand le train a 5 minutes de retard, on s’impatiente. On devient gâté. C’est assez drôle quand on remet tout ça en perspective. Un retard de 10-15 minutes est la norme sur plusieurs lignes d’autobus de Montréal (quoique le métro soit très ponctuel, bravo!) Bien sûr les retards peuvent arriver, mais si un train a deux minutes de retard, celles-ci sont annoncées au tableau. Pour 5 minutes de retard ou plus, le chauffeur du train s’excuse généralement. Finalement, pour 30 minutes de retard ou plus, ce train est mentionné dans le journal le lendemain (c’est mon collègue vivant en Suisse qui m’a dit ça, je ne l’ai pas encore vécu). Très difficile donc de sortir l’excuse du train en retard à la job… Dans les prochains chapitres, nous parlerons des paysages parcourus en train. En Suisse, les trajets sont autant d’émerveillement que les destinations visitées, ce qui me fait paraphraser Richard Desjardins, lui même paraphrasant le poète espagnol Antonio Machado: « l’important, ce n’est pas la destination, mais le chemin parcouru ».

Publié par Famille QuebecZurich

Une famille Québécoise avec de jeunes enfants vivant une année en Suisse alémanique. Découvrez la Suisse avec nous: géographie, culture, plein air, vie familiale. Bonne lecture à tous.

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