Le grand jour du départ

À 13h, le 14 juillet, nous étions à l’aéroport Trudeau avec toute la famille et 200 kg de bagages. Notre vol partait à 16h50, mais nous anticipions toutes sortes de difficultés. Une fois les bagages enregistrés (1h), nous avons passé la sécurité. J’ai trouvé assez rigolo de passer avec 3 ordinateurs, 2 iPad, 2 téléphones, 1 iPod, 1 radio, 1 Apple TV, 3 disques durs, 4 adaptateurs, 4 paires d’écouteurs et assez de câbles d’ordi pour me faire une corde à linge, voire deux. Comme de fait, j’ai été fouillé. La totale. Devant les enfants. Ça a duré 45 minutes. Avec leur spectromètre (la machine qui reçoit le petit tampon frotté sur vos appareils), ils pensaient avoir trouvé des explosifs dans ma radio (c’est vrai que j’écoute beaucoup de métal), alors ils l’ont scannée, puis rescannée, puis examinée de près, pour conclure que ça devait être un faux positif. J’ai vu pas mal toutes les étapes du protocole de sécurité de l’aéroport, à part la toute dernière, où deux gorilles t’empoignent et te menottent en te pointant un pistolet dans le cou. Ceci dit, l’homme et la femme qui m’ont examiné ont été très professionnels et je les ai remerciés à la fin. Les enfants m’ont posé beaucoup de questions concernant ce « traitement spécial ». Je me demande même s’ils n’ont pas pensé que leur père était un bandit, un instant…

Vers 15h, on était dans la zone internationale. Avec deux heures à tuer avec 2 enfants. Nous avons acheté des drapeaux du Québec avec 20 piastres en petit change canadien qui me restait dans mes poches, sous le regard consterné de la caissière qui voulait d’abord refuser mon argent. Puis avons couru sur les tapis roulants horizontaux pendant presque une heure, question de décharger les enfants avant les 7h30 de vol vers Zurich. Une fois dans l’avion, il fallait se reposer et penser à la méga journée qui nous attendait. Arrivée à Zurich à 6h15. Immigration. Taxi vers Wädenswil (45 min). Rendez-vous avec l’agente d’immeuble à 9h00 à l’appart. Tout ça avec 6h de décalage horaire dans le mauvais sens. C’était un peu serré comme programme. Hélas, impossible de dormir avec nos deux enfants Duracell, qui étaient bien trop excités d’être assis dans le ciel à se faire servir comme des petits rois!

Peu après le départ, Sophie s’est mise à placoter avec une agente de bord de Swiss et lui a confié qu’on venait s’installer en Suisse alémanique. L’hôtesse, qui était elle même de la région, s’est prise d’affection pour les enfants. Ça a commencé avec des petits cadeaux pour les enfants et un souper personnalisé avec leurs noms écrits sur les cabarets avec un petit dessin. Ensuite, c’est une boîte complète de chocolats suisses assortis que nous avons reçue en gage de bienvenue. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. De mon côté, l’agent de bord, que nous nommerons Didier, semble s’être pris d’affection pour moi. Il m’appelle « Rayon de soleil », un qualificatif qui ne m’avait jamais encore été attribué, je dois dire. Alors quand Didier passait dans l’allée, je recevais toutes sortes de faveurs. Hmmm…

– Comment va Rayon de ☀️ ? Prendrait-il quelque chose à boire?

– Oui, un bon café. Ah c’est vrai, j’oubliais, je suis dans un avion. Je vais alors me contenter d’un café, dis-je sur un ton badin.

– Un bon café? Bien sûr! Attends-moi.

Il lâche son chariot de service en pleine allée et part en direction de la première classe. Les autres clients attendent. Cinq minutes plus tard, il me revient avec un double espresso servi dans une petite tasse chic. Les autres craquent de jalousie…

– Et voilà! Si tu as besoin d’autre chose, n’hésite pas…

– Pas de problème, mais tu peux être sûr que je vais hésiter… ha ha!

Plus tard dans le voyage, nous avons aussi reçu une bouteille de Champagne signée par l’équipage pour nous souhaiter la bienvenue. Didier m’a aussi donné sa carte en me disant:

– Si tu as besoin d’importer quoi que ce soit en Suisse, avise-moi, je fais l’aller-retour 4 fois par semaine et moi, ils ne me fouillent jamais!

Quel personnage! Mais vraiment sympa! En fait, à part lui être tombé dans l’oeil, Didier, qui était de Toulouse, semblait me prendre en pitié d’atterrir en Suisse alémanique. Il me souhaitait « bon courage » à toutes les deux phrases, puis ajoutait des trucs du genre:

– Tu vas voir, ils ne savent même pas parler Allemand! C’est du dialecte! Et entre les régions alémaniques, ils ne se comprennent même pas entre eux!

Puis il ajoute:

– Ils roulent leurs « r »: Grrrüezi (Gruëzi = bonjour). Ils ne disent pas Coca Cola, comme les Allemands, mais « Crocra Crola » (C’est vrai, le son « K » en suisse allemand se prononce comme notre « Cr » dans « Croquer ». )

L’immigration en Suisse

À 6h15 précises, nous étions à l’aéroport de Zurich. Le voyage se fait super bien. Seul problème, nous n’avions pas dormi une minute de toute la nuit. Encore pire, nos enfants non plus.

Nous passons la douane en 5 minutes. Étrange, le douanier est sympathique et ne nous demande même pas ce que nous apportons.

Nous récupérons nos bagages 15 minutes plus tard. Nous remarquons qu’ils ont déjà été fouillés, probablement au Canada. En sortant de l’aéroport, nous n’avons vu aucun contrôle de bagages (comme au Canada par exemple). Ça m’a dérouté au point de penser que je m’étais trompé de chemin et que j’avais passé le contrôle sans m’en rendre compte. Ne voulant pas d’ennui avec la police au jour 1, nous sommes retournés sur nos pas et j’ai vu un comptoir indiqué « contrôle douanier ». Nous nous y sommes présentés, mais le type avait l’air de se demander ce qu’on faisait là puisqu’on n’importait pas de marchandises.

Bref, à 7h15, nous étions à l’extérieur à attendre le taxi que nous avions réservé depuis Montréal. Nous goûtions pleinement à l’organisation suisse. Quel plaisir!

Un retard de taxi de plus d’une heure nous a rapidement sortis de notre rêverie. Nous étions subitement très en retard pour notre rendez-vous avec l’agente qui devait nous remettre les clés de l’appartement. Fort heureusement, elle a été patiente et nous nous sommes présentés vers 10h. À 11h, la tente était montée dans la chambre des enfants et tout le monde dormait comme des loirs. Mission accomplie!

– TG

Publié par Famille QuebecZurich

Une famille Québécoise avec de jeunes enfants vivant une année en Suisse alémanique. Découvrez la Suisse avec nous: géographie, culture, plein air, vie familiale. Bonne lecture à tous.

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